- La flotte complète de 15 mini-voiliers ALMA Globe 580 a franchi avec succès le Panama, passant de l’Atlantique au Pacifique en dix jours.
- Trois escales sont prévues : Marquises (4 700 milles – 8 jours), Papeete (500 milles – 7 jours), Tonga (1 500 milles – 8 jours), puis arrivée à Vuda Marina aux Fidji (500 milles) fin juin.
- Les exigences strictes de la NOR en matière de navigation céleste ont constitué un défi pour les participants. L’un d’eux a abandonné la course mais continue à naviguer dans le Pacifique avec la flotte.
- Les girouettes, le Starlink Mini, le chargement solaire et le gréement ont été les principaux enjeux de cette escale, tandis que la météo et la nécessité d’éviter le trafic maritime ont marqué le défi suivant.
- “Tous pour un et un pour tous” : les capitaines mutualisent leurs ressources et compétences pour rester en course.
Un exploit logistique maritime inédit
La flotte de la McIntyre Mini Globe Race a réalisé un transfert terrestre historique de 15 voiliers ALMA Globe 580 de l’Atlantique au Pacifique, ouvrant la voie à l’étape la plus exigeante de leur tour du monde. Le mardi 25 mars, ils ont entamé la deuxième étape : 7 200 milles dans le Pacifique jusqu’à Vuda Marina aux Fidji, la plus longue des cinq étapes de cette odyssée en solitaire de 26 000 milles à bord de mini-voiliers de 19 pieds (5,8 mètres) construits en contreplaqué.
Une réalisation terrestre historique
Après une première étape éprouvante de 1 200 milles nautiques entre Antigua et Panama, les concurrents et organisateurs ont relevé leur premier défi logistique majeur : le transport terrestre entre l’Atlantique et le Pacifique. Une première pour une flotte de course lors d’une circumnavigation. Les ALMA Globe 580, trop lents pour emprunter le canal, ne pouvaient assumer les frais de remorquage maritime (55 000 €).

Coordonnée entre Shelter Bay Marina, les services du Carefree Boat Club et les autorités locales, cette opération complexe a exigé dix jours de planification minutieuse. Le transit routier de 100 km, en convois de deux bateaux sur des remorques adaptées, a duré trois heures, ponctué d’arrêts imprévus dans la ville de Panama. Des retards mécaniques, une crevaison malencontreuse et une grève nationale ont repoussé le départ au 25 mars 2025.

L’odyssée pacifique commence
Le départ a été donné sous 33°C et des vents de 5 à 10 nœuds le long du canal de Panama. Les moteurs électriques, autorisés par le règlement, ont facilité la navigation parmi les navires commerciaux. Le contrôle portuaire “Flamenco Signal” a offert une fenêtre de transit pour éviter le trafic intense.
Dans la nuit, Dan Turk (#20 LITTLE BEA / CA) a été poussé vers les rochers par des courants forts et des vents faibles. Christian Sauer (#103 Argo / DE) est revenu sur ses pas pour le remorquer, après que la batterie de Dan soit passée de 70% à 0% en deux minutes. La flotte a ensuite profité d’un courant favorable de 2 à 3 nœuds sur 180 milles, s’éloignant des côtes.

Les défis de l’étape 2 : 7 200 milles jusqu’aux Fidji
- 4 700 milles vers les Marquises (escale de 8 jours) : franchissement de l’équateur sous courants forts et vents légers avant les alizés du sud-est.
- 500 milles jusqu’à Papeete, Tahiti (escale de 7 jours) : difficultés d’amarrage en haute saison.
- 1 500 milles jusqu’à Pangai, Tonga (escale de 8 jours) : navigation dans le magnifique archipel de Ha’apai et observation des baleines.
- 500 milles jusqu’à Vuda Marina, Fidji (arrivée fin juin) : trois semaines de repos avant l’étape 3 vers Le Cap, Afrique du Sud.

Défis techniques et solidarité
- Keri Harris (#47 ORIGAMI / UK) a surmonté un choc violent inondant son bateau de 600 litres d’eau, endommageant panneaux solaires et électronique.
- Plusieurs skippers ont validé in extremis leur certification de navigation céleste, obligatoire pour la course. Un participant a abandonné.
- Dan Turner (#05 IMMORTAL GAME / AU) navigue avec un foc enroulé après un gréement endommagé lors du démâtage.
- Pilar Pasanau (#98 PETER PUNK / ESP) a installé une nouvelle girouette Hydrovane et un spi asymétrique, prête à repartir après des problèmes de santé.
- L’entraide a été cruciale pour les réparations électriques, les mâts, et bien plus.

Le mot du directeur de course
Le transfert au Panama fut un triomphe logistique. Mais le vrai test commence : traverser le plus grand océan avec les plus petits voiliers, sans assistance. La Mini Globe Race mérite sa réputation de défi ultime et unique. Des petits bateaux, une immense aventure !
Don McIntyre, directeur de course et fondateur de l’ALMA Globe 580

Statut actuel de la course
À 20h00 UTC le 27 mars, la flotte se trouve à 300 milles au sud-ouest de Panama City, se dirigeant vers la zone de calmes équatoriaux près des Galapagos. Les skippers affrontent des vents instables et des grains pendant 10 à 12 jours avant d’atteindre les alizés. Chacun emporte 160 à 200 litres d’eau, avec dessalinisateurs en secours uniquement.
Deux marins sont encore au Panama. Mike Blenkinsop (#99 DELJA 99 / AU), alias Popeye, a quitté la course mais naviguera jusqu’aux Fidji puis l’Australie. Son fils John (#100 DELJA 100 / AU), toujours en course, le soutiendra en mer.

Starlink et prochaines étapes
La flotte devrait atteindre les îles Marquises dans environ 45 à 55 jours, devant composer avec des conditions variables dans le Pacifique – notamment des vents légers et des courants puissants dans la zone équatoriale. Ce délai pourrait toutefois être bien plus long. Les skippers devront prendre des décisions cruciales en matière de routage près des îles Galapagos. Avec un coût de seulement 200 dollars au Panama, le système Starlink Mini a été adopté par tous les participants sauf trois. Cette technologie permet non seulement de publier des contenus spectaculaires sur les réseaux sociaux et même de diffuser des films YouTube à bord (avec une consommation énergétique modeste de 24 à 36 watts en 12V), mais surtout d’obtenir des prévisions météorologiques précises – un atout capital pour cette étape exigeante. Qu’aurait pensé John Guzzwell à bord du TREKKA il y a 70 ans, s’il avait pu imaginer une telle révolution technologique?




